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Une commission égalité professionnelle en mode coaching

Les membres de la commission égalité professionnelle du CE de la direction technique et des systèmes d’information d’Orange se font accompagner à l’année par deux cabinets aux approches très complémentaires pour davantage motiver les avis et les recommandations… Qu’en sera-t-il après l’absorption dans la commission emploi-formation ?

Puisque la direction technique et des système d’information d’Orange l’a refusé, c’est la commission d’égalité professionnelle qui se finance un accompagnement à l’année par un attelage de deux cabinets qui travaillaient déjà pour le CE de cette entité qui emploie près de 10 000 salariés. C’était il y a trois ans. Le cabinet Sextant expertise et EQUILIBRES ont alors adressé une réponse commune. Le premier s’emploie à faire parler les données tandis qu’EQUILIBRES, spécialisé dans les questions d’égalité professionnelle, intervient davantage sur l’émulsion collective. C’est notamment l’objet du séminaire de trois jours qui va réunir les 14 membres de la commission pour concocter avis et recommandations tandis que, chaque mois, une réunion est organisée par le duo des intervenants.

« C’est un travail de fourmi que d’analyser les 150 pages du rapport de situation comparée pour en ressortir les grandes lignes et hiérarchiser les demandes de précisions les plus pertinentes en fonction des propositions que les élus veulent porter. Il s’agit de croiser les données du RSC avec d’autres données communiquées par ailleurs au CE (ou CSE) et de ne pas se perdre dans les données dont la maille de base change parfois d’un indicateur à l’autre, d’un document à l’autre, d’une année à l’autre », considère Fabrice Elustondo, directeur chez Sextant Expertise qui s’est par ailleurs vu confier, par la commission, le soin d’analyser l’index de l’égalité hommes-femmes affichée par la direction. En marge de la mission, Équilibres a formé l’ensemble des secrétaires des CHSCT à la question des violences sexistes.

Accompagnement annuel, recommandations mieux entendues

« Nous faisons en sorte de démonter la mécanique de fabrication des inégalités pour faire comprendre les réalités qui se cachent derrière les chiffres et ainsi permettre aux élus de porter des propositions bien argumentées. Nous intervenons auprès des directions exactement de la même façon. Cette meilleure compréhension partagée des enjeux permet de gagner beaucoup de temps », explique Karine Armani, fondatrice du cabinet EQUILIBRES (Human & Work Project) qui apporte en outre un volet benchmark aux membre de la commission. Les recommandations sont entendues.

La direction a ainsi accepté de davantage reconnaître la mission des référents d’égalité professionnelle identifiés dans les 14 établissements secondaires. Les membres de la commission sont désormais en relation directe avec les experts de RH (rémunération, formation…). Après plusieurs demandes sur les causes d’inégalités en matière de promotion des salarié(e)s à temps partiel, la direction pourrait enfin envisager d’intégrer cet axe de progrès dans son plan d’actions 2019. « Nous sommes dans une logique d’accompagnement annuel avec les deux cabinets d’experts que nous avons sélectionnés. La complémentarité de ces apports est efficace au regard de la prise en compte par la direction de nos retours motivés et constructifs. Nous avons à la fois une force de proposition, en ayant constamment une vue sur ce qui se passe sur le terrain, et une capacité à obtenir de nouveaux axes d’analyse des écarts, tout en contestant les références de certains affichages de la direction », considère Hamid Gougache, président de la commission d’égalité professionnelle du CE de la DTSI, qui souligne que la direction a soutenu le projet de réalisation d’un film interne de témoignages valorisant le bénéfice de l’égalité.

Il y a trois ans, les femmes représentaient 24 % des effectifs. Elles sont désormais 25 %. La part des femmes cadres est passée de 18,5 à 20,5 % sur la même période. Il reste donc encore beaucoup à faire dans cette direction technique en matière d’égalité professionnelle.

Mauvais signal de la disparition de la commission

L’annonce par la direction que cette commission devrait fusionner dans la commission emploi-formation à la faveur du passage en CSE de la fin de l’année a été ressentie comme un très mauvais signal par les organisations syndicales. Dans un courrier adressé à la Ministre du Travail, la CFE-CGC souligne que « si l’inégalité entre les hommes et les femmes peut s’analyser par le prisme de l’emploi et de la formation, elle ne peut se limiter à ces deux domaines ». À la DTSI, la commission d’emploi formation, qui compte aujourd’hui 30 membres, va donc absorber la commission d’égalité professionnelle mais l’inquiétude reste pour autant mesurée. Pour Hamid Gougache, « le travail que nous réalisons sera une matière essentielle de la commission emploi, métiers et formation ».

Article mis en ligne sur https://www.miroirsocial.com/